Condamné aux États-Unis pour des faits de blanchiment d’argent, Binance travaille ardemment à redorer son blason auprès des régulateurs américains. Le plus grand exchange crypto du monde s’est notamment doté de son premier conseil d’administration dans le cadre d’une refonte réglementaire entamée depuis peu. Toutefois, cette démarche salutaire n’a pas manqué de susciter quelques critiques d’experts en conformité.
La composition du conseil d'administration de Binance suscite des réactions mitigées
Promu PDG de Binance, Richard Teng a entrepris de nombreuses réformes visant à préserver l’image de l’exchange crypto. Celles-ci s’inscrivent notamment dans le cadre de l’accord de plaidoyer conclu l’an dernier avec la justice américaine, lequel enjoint Binance à afficher une meilleure conformité réglementaire.
À cet effet, l’exchange crypto vient de se doter de son premier conseil d’administration qui est composé de 7 membres. Il s’agit de Richard Teng, Heina Chen, Jinkai He, Lilai Wang, Arnaud Ventura, Xin Wang et de Gabriel Abed. Ancien ambassadeur de la Barbade aux Émirats arabes unis, ce dernier a été nommé président de ce nouveau conseil d'administration.
Cependant, cette composition peine à faire l’unanimité auprès des experts en conformité réglementaire. Ces derniers critiquent sa forte concentration interne, notamment avec la présence du PDG de Binance et celle de Heina Chen, Jinkai He et Lilai Wang, tous cadres de l’exchange crypto.
En plus d’être minoritaires, les membres externes du conseil d’administration de Binance ne sont pas des professionnels de la conformité financière. En effet, M. Ventura est entrepreneur et fondateur de plusieurs entreprises, tandis que M. Wang est un conseiller en fusions et acquisitions auprès des institutions financières.
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De nombreux défis persistent à l’horizon pour Binance
Bien que ce conseil d’administration soit une avancée notable pour Binance, l’exchange crypto n’est pas encore tiré d’affaire. Outre l'amende de 4,3 milliards de dollars infligée à Binance, son fondateur, Changpeng Zhao, risque une peine d’emprisonnement de 18 mois. Son sort sera connu à l’issue d’une audience de condamnation prévue pour le 30 avril.
Par ailleurs, les défis réglementaires de l’exchange crypto s’intensifient à l’international. C’est notamment le cas au Nigeria où Binance a été récemment accusé d’évasion fiscale. Cette nouvelle affaire illustre les difficultés de l’exchange crypto à se plier aux exigences réglementaires propres à chaque juridiction à travers le monde.
Tout bien considéré, l’exchange navigue dans des eaux tumultueuses. La création de son conseil d’administration est une première étape pour retrouver de la légitimité auprès des régulateurs. Bien avant cette mesure, Binance s’est également séparé de sa division de capital-risque le mois dernier afin de se concentrer sur sa refonte réglementaire.