Cointelegraph
Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Ancien éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Ancien éditeur

Crypto : l’Ukraine interdit Polymarket, la régulation s’intensifie

L’Ukraine bloque Polymarket, accusant la plateforme crypto d’héberger des jeux d’argent non licenciés. La crypto devient cible d’un durcissement global.

Crypto : l’Ukraine interdit Polymarket, la régulation s’intensifie
News

La crypto, au service de la spéculation prédictive, dérange. L’Ukraine vient de bloquer l’accès à Polymarket, l’une des plateformes les plus influentes du secteur, au motif de “jeux d’argent non autorisés”. Un épisode qui révèle les tensions croissantes entre technologies décentralisées et souverainetés nationales.

Kiev tire un trait sur les prédictions blockchain

Le 10 décembre 2025, la Commission nationale ukrainienne pour la régulation des communications électroniques (NCEC) a officialisé, par sa résolution n°695, le blocage du site polymarket.com. Cette décision impose aux fournisseurs d’accès internet de restreindre l’accès à toute plateforme en ligne facilitant ou organisant des jeux d’argent sans licence. Polymarket, qui permet de spéculer sur des événements du monde réel à travers des contrats tokenisés en USDC sur la blockchain Polygon, est désormais inscrite sur le registre national des sites interdits.

L’initiative intervient dans un contexte tendu, où les autorités ukrainiennes s’alarment des prédictions liées à l’invasion russe. La possibilité de miser sur des scénarios géopolitiques sensibles, comme l’issue de conflits militaires, heurte la ligne rouge éthique fixée par Kiev.

Un signal international dans une guerre de juridictions

Avec cette interdiction, l’Ukraine rejoint une liste déjà longue de 33 pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore l’Australie, ayant bloqué ou restreint l’accès à Polymarket. Fondée en 2020 par Shane Coplan, la plateforme revendique une valorisation de 8 milliards de dollars et s’est imposée comme l’un des leaders mondiaux du secteur.

Mais la vague réglementaire ne s’arrête pas aux frontières de l’Europe de l’Est. Aux États-Unis, un projet de loi intitulé Public Integrity in Financial Prediction Markets Act of 2026 (Loi de 2026 sur la transparence des marchés prédictifs financiers) entend interdire aux responsables politiques de spéculer sur des événements liés à leur fonction via ce type de marchés. Dans le même temps, des régulateurs locaux comme le Tennessee ont exigé l’arrêt des contrats liés à des événements sportifs sur des plateformes telles que Polymarket ou Crypto.com.

Ce climat réglementaire en ébullition met en lumière la tension croissante entre l’innovation décentralisée et la souveraineté juridique des États. La transparence offerte par la blockchain, censée rassurer, n’empêche pas les gouvernements de voir dans ces outils des vecteurs potentiels de contournement légal, voire de spéculation déplacée sur des drames humains.

Alors que les marchés prédictifs revendiquent une dimension informationnelle et démocratique, la réponse des États suggère une lecture plus pragmatique : tant que ces contrats flirtent avec l’incitation au jeu ou l’exploitation d’informations sensibles, ils seront traités comme des jeux d’argent à encadrer, voire à interdire.

Cointelegraph s’engage en faveur d’un journalisme indépendant et transparent. Cet article d’actualité est produit conformément à la politique éditoriale de Cointelegraph et vise à fournir des informations exactes et à jour. Les lecteurs sont invités à vérifier les informations de manière indépendante. Consultez notre politique éditoriale https://fr.cointelegraph.com/editorial-policy