Dans un climat économique mondial déjà sous tension, la nouvelle a de quoi faire trembler les marchés. Donald Trump, fidèle à son positionnement économique nationaliste, a signé un décret instaurant un tarif douanier uniforme de 10 % sur tous les produits importés, quelle que soit leur origine. Ce retour en force du protectionnisme s’accompagne d’une réforme plus ambitieuse encore : la mise en place de « tarifs réciproques », calqués sur ceux imposés aux produits américains, ainsi que la proposition – explosive – de supprimer l'impôt sur le revenu. Que cache réellement cette stratégie ? Quels en seront les effets ?
Une réforme tarifaire d’ampleur sans précédent
Dans une annonce officielle le 2 avril, Donald Trump a signé un décret exécutif instaurant une taxe douanière de 10 % sur toutes les importations, sans distinction de pays d’origine. En complément, un mécanisme de « tarifs réciproques » a été introduit : les États-Unis répliqueront aux taxes imposées à leurs exportations par des tarifs équivalents à la moitié du taux initial. Ainsi, si la Chine applique un tarif de 67 % sur les biens américains, les États-Unis imposeront en retour un tarif de 34 %. Le président a également décrété un tarif fixe de 25 % sur l’ensemble des importations automobiles.
Donald Trump a justifié cette approche en invoquant une vision historique du rôle des tarifs douaniers dans la prospérité économique : « De 1789 à 1913, nous étions une nation soutenue par les tarifs. Les États-Unis étaient alors proportionnellement la nation la plus riche qu’ils aient jamais été. » Il a également critiqué la création de l’impôt sur le revenu en 1913, déclarant : « Pour des raisons inconnues de l’humanité, ils ont établi l’impôt sur le revenu, obligeant les citoyens – plutôt que les pays étrangers – à payer. » En toile de fond, Trump présente sa politique comme une tentative de restaurer la grandeur économique passée des États-Unis.
Vers la suppression de l’impôt sur le revenu ? Une révolution fiscale en gestation
Au-delà de la dimension tarifaire, cette réforme s’inscrit dans une ambition plus vaste : celle de supprimer purement et simplement l’impôt fédéral sur le revenu. Une proposition déjà formulée par Trump durant sa campagne d’octobre 2024, et réaffirmée avec force lors de cette annonce. Il envisage de remplacer l’IRS (Internal Revenue Service) par une « External Revenue Service », un organe qui reposerait exclusivement sur les recettes tirées des droits de douane pour financer l’État fédéral.
Selon l’entreprise spécialisée en automatisation comptable Dancing Numbers, ce plan pourrait permettre aux contribuables américains d’économiser entre 134 809 $ et 325 561 $ au cours de leur vie. Des économies qui ne seraient maximales que si les taxes basées sur les salaires étaient également abolies au niveau local et étatique. Howard Lutnick, récemment nommé secrétaire au Commerce, a appuyé cette vision, déclarant que le gouvernement « ne parvient pas à équilibrer son budget tout en réclamant toujours plus aux citoyens. »
Cette stratégie soulève néanmoins des interrogations majeures : quelle stabilité fiscale offrirait un système exclusivement fondé sur les droits de douane ? Quels secteurs économiques seront les plus touchés par cette politique de repli commercial ? Et surtout, cette réforme sera-t-elle soutenable politiquement à long terme ? À l’heure où les tensions commerciales et géopolitiques s’intensifient, les répercussions de cette décision pourraient dépasser largement les frontières américaines.