Le secteur crypto est en perpétuelle expansion, bousculant les modèles financiers traditionnels et forçant les régulateurs à s’adapter. Pourtant, cette mutation rapide s'accompagne d’un vide juridique que certaines institutions peinent à combler. À quelques jours de son départ de la présidence de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), Rostin Behnam tire la sonnette d’alarme sur l’intégration croissante des cryptos dans la finance traditionnelle. Retour sur ses dernières déclarations et leurs implications.

Un appel à des garde-fous réglementaires

Lors de son dernier discours en tant que président de la CFTC, Rostin Behnam a mis en garde contre l’expansion du secteur crypto sans une réglementation adaptée. Lors d’une discussion organisée le 8 janvier au Brookings Institution, il a souligné que l’intégration progressive des cryptos dans les institutions financières classiques sans des garde-fous réglementaires complets représente un défi pour ses successeurs. Il a insisté sur le fait que le cadre réglementaire actuel, conçu pour des marchés financiers plus traditionnels, devait évoluer pour répondre aux enjeux spécifiques des actifs crypto.

Behnam a également rappelé que la CFTC devait jouer un rôle plus actif dans la supervision du marché des produits dérivés crypto. « Le secteur crypto a mis en évidence la nécessité pour notre cadre réglementaire d’évoluer en fonction des nouvelles structures financières émergentes », a-t-il déclaré. Selon lui, de nombreuses plateformes cherchent à s’éloigner des modèles traditionnels, préférant des solutions plus innovantes, mais parfois opaques, ce qui soulève de nombreuses questions réglementaires encore non résolues.

Le départ de Behnam et la nouvelle ère réglementaire crypto sous Trump

Rostin Behnam quittera officiellement son poste le 20 janvier, date qui coïncide avec l’investiture du président Donald Trump. Son départ s'inscrit dans un bouleversement plus large des régulateurs financiers américains, puisqu’il intervient au même moment que celui du président de la Securities and Exchange Commission (SEC), Gary Gensler. Ce dernier, dans une récente interview à Bloomberg, a qualifié l’industrie crypto de truffée de mauvais acteurs, insistant sur la nécessité d’une surveillance accrue.

Trump a d’ores et déjà annoncé son intention de nommer Paul Atkins, un ancien commissaire de la SEC connu pour son approche plus laxiste sur les cryptos, à la tête de l’agence. Ce changement de direction pourrait marquer un tournant dans la régulation des actifs numériques aux États-Unis, alors que de nombreux litiges opposent encore les régulateurs aux grandes plateformes, notamment Coinbase.

Le départ de Behnam et l’arrivée d’une administration potentiellement plus favorable aux cryptos posent de nombreuses questions sur l’avenir de la régulation aux États-Unis. Si la CFTC a jusqu’ici cherché à encadrer les marchés des produits dérivés crypto, le manque de coordination avec la SEC a souvent créé des frictions et de l’incertitude pour les acteurs du secteur. L’approche plus souple annoncée par Trump pourrait-elle favoriser une adoption accrue des cryptos dans la finance traditionnelle ? Une chose est sûre : l’année 2025 s’annonce décisive pour l’évolution du cadre réglementaire américain.