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Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Éditeur

Un rapport de Deloitte révèle un risque colossal pour les détenteurs de bitcoins

L’ordinateur quantique pourrait bouleverser l’écosystème Bitcoin bien plus tôt que la plupart des analystes le pensent

Un rapport de Deloitte révèle un risque colossal pour les détenteurs de bitcoins
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L’idée que Bitcoin dispose encore de deux décennies pour se préparer au choc quantique semble s’effondrer. Les derniers signaux techniques et politiques indiquent que l’ère post-quantique pourrait arriver bien plus vite, mettant en péril une part significative de l’offre totale de BTC.

Bitcoin ne dispose plus de 20 ans : La menace quantique s’accélère

Dans la communauté Bitcoin, une croyance tenace persiste : les ordinateurs quantiques capables de casser les signatures cryptographiques n’émergeront pas avant 2040, voire au-delà. Pourtant, plusieurs signaux convergents remettent en cause cette hypothèse.

IBM a récemment annoncé une avancée majeure avec une nouvelle génération de processeurs quantiques, accompagnée de méthodes de correction d’erreurs plus rapides. Ces innovations pourraient permettre d’atteindre l’« avantage quantique » dès 2026, avec des systèmes tolérants aux fautes attendus dès 2029.

Parallèlement, certains acteurs majeurs du secteur crypto estiment que les algorithmes actuels, notamment ceux basés sur la cryptographie elliptique, pourraient être compromis bien avant la fin de la décennie.

Une vulnérabilité technique déjà active : 25 % des BTC à risque

Aujourd’hui, environ 4 millions de bitcoins — soit un quart de l’offre en circulation — sont stockés sur des adresses dont les clés publiques sont connues, selon un rapport de Deloitte. Ces portefeuilles, souvent anciens et inactifs, représentent une cible idéale. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait, en théorie, extraire les clés privées associées et transférer les fonds sans possibilité de réaction du réseau.

Ce risque ne se limite pas à Bitcoin. La plupart des blockchains utilisent la cryptographie elliptique, également vulnérable à une attaque par ordinateur quantique exploitant l’algorithme de Shor. C’est pourquoi certaines plateformes explorent déjà des solutions pour intégrer des signatures résistantes aux technologies quantiques.

La migration vers une telle cryptographie post-quantique ne peut être improvisée. Des études montrent que cette transition pourrait exiger plus de 75 jours d’adaptation technique, voire jusqu’à 300 jours à capacité réduite pour limiter les risques d’attaque pendant la phase critique.

Une transition impossible à improviser : Le poids de la gouvernance Bitcoin

Même si la technologie est disponible, la question de sa mise en œuvre reste entière. Bitcoin est connu pour sa gouvernance conservatrice. Les évolutions techniques majeures, comme l’activation de Taproot, ont nécessité des années de débats et de coordination. Modifier l’algorithme de signature du protocole serait une tâche bien plus complexe et pourrait provoquer des désaccords idéologiques majeurs.

Un tel chantier impliquerait une coordination massive entre développeurs, mineurs, institutions et utilisateurs. Le risque de division de la communauté, voire de forks conflictuels, n’est pas à écarter.

Pendant ce temps, les institutions s’organisent. L’Union européenne a établi une feuille de route claire : première phase de transition dès 2026, adoption obligatoire dans les infrastructures critiques d’ici 2030, et migration complète pour 2035.

L’écosystème crypto face à son test ultime

Le vrai danger ne réside pas seulement dans l’apparition d’un ordinateur quantique fonctionnel, mais dans les déséquilibres qu’un tel bouleversement pourrait créer. Si un acteur malveillant parvient à déplacer soudainement une quantité importante de bitcoins inactifs, l’impact serait immédiat : chute brutale des cours, panique sur les marchés, perte de confiance généralisée.

Un autre scénario redouté concerne le minage. Un mineur équipé d’un processeur quantique pourrait résoudre les énigmes de preuve de travail bien plus rapidement que ses concurrents, centralisant le réseau autour de sa puissance de calcul et remettant en cause la nature même de la décentralisation.

Anticiper la menace n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’enjeu dépasse la simple adaptation technique : il s’agit de préserver la confiance, la souveraineté et la résilience du système monétaire décentralisé le plus emblématique au monde.

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