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Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Éditeur

L’UE veut interdire les transactions crypto avec la Russie

L’Union européenne veut fermer les canaux crypto utilisés par la Russie pour contourner les sanctions. A7A5, plateformes offshore et souveraineté numérique sont visés.

L’UE veut interdire les transactions crypto avec la Russie
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L’Europe passe à l’offensive. L’Union européenne s’apprête à adopter un 20ᵉ paquet de sanctions qui vise cette fois les échappatoires utilisées par la Russie via les cryptomonnaies. Objectif : bloquer les transactions en stablecoins et couper l’accès aux plateformes liées à Moscou. Une mesure inédite, mais dont l’efficacité fait débat.

Bruxelles veut couper toutes les routes crypto vers Moscou

Selon un document interne de la Commission européenne, Bruxelles prévoit d’interdire toute interaction entre les entreprises européennes et des prestataires crypto basés en Russie. Cette interdiction irait bien au-delà des sanctions ciblées précédentes, en s’attaquant à l’écosystème crypto russe dans son ensemble.

Le projet viserait notamment les fournisseurs de services d’actifs numériques opérant depuis la Russie, ainsi que les plateformes facilitant des paiements transfrontaliers. Deux banques kirghizes (Keremet et Capital Bank of Central Asia) figureraient aussi sur la liste, aux côtés d'institutions au Laos et au Tadjikistan. Le vote du paquet est attendu d’ici le 24 février, mais les discussions sont déjà bien avancées à Bruxelles.

Le stablecoin A7A5 dans le collimateur

Au cœur de la controverse : le stablecoin A7A5, adossé au rouble et émis par la plateforme A7, considérée comme proche de l’écosystème russe. Bien que ses fondateurs réfutent tout contournement de sanctions, A7A5 est devenu l’un des stablecoins non-dollar les plus échangés en 2025, selon CoinMarketCap et DefiLlama.

Des doutes subsistent toutefois sur la légitimité de son volume. L’entreprise d’analytique blockchain Global Ledger soupçonne un wash trading massif ayant artificiellement gonflé les volumes d’A7A5. Elle pointe aussi la difficulté à bloquer techniquement les flux qui transitent par des liquidités décentralisées, où le suivi devient quasiment impossible.

Sanctions globales vs réalité décentralisée

Les experts s’interrogent sur la faisabilité réelle de cette interdiction. Pour Lex Fisun, CEO de Global Ledger, le bannissement total est illusoire : les utilisateurs peuvent échanger des tokens comme A7A5 via des pools de liquidités décentralisés, sans passer par des plateformes régulées.

Il estime qu’en voulant bloquer ces flux, l’Europe risque de devoir bloquer les grandes plateformes mondiales, ce qui pénaliserait aussi les acteurs légitimes du marché crypto.

Malgré ces limites, le message est clair : l’Union européenne veut fermer toutes les brèches exploitées par Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. Et elle entend faire du secteur crypto un maillon pleinement intégré au régime de sanctions.

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