La révolution des cryptomonnaies s'est emparée de plusieurs pays d'Afrique avec des taux d'adoption assez impressionnants. D'après un récent rapport, le marché des cryptomonnaies sur le continent a connu une croissance remarquable au cours des dernières années. Cette expansion témoigne de l'intérêt croissant des Africains pour ces actifs numériques, qui les utilisent le plus souvent utilisés comme des réserves de valeur pour protéger leur pouvoir d’achat.
Un essor dû à la création d’un écosystème favorable
L’étude intitulée « Emurgo State of Web 3.0 in Africa » révèle que le marché des cryptomonnaies en Afrique a augmenté de plus de 1 200 % en un an. Cette croissance remarquable enregistrée entre 2020 et 2021 témoigne de l'intérêt accru des Africains pour les actifs crypto et leur utilisation.
Des États comme le Kenya, le Nigéria, l'Afrique du Sud et la Tanzanie se sont même positionnés parmi les vingt premiers pays du monde en termes d'adoption des cryptomonnaies. En réalité, la croissance du marché des cryptomonnaies en Afrique a été soutenue par un écosystème favorable à l'innovation et à l'investissement. En effet, plusieurs pays africains ont réussi à créer un environnement favorable à l'utilisation et au développement des actifs crypto.
Les entrepreneurs africains ont saisi cette opportunité pour développer des solutions innovantes reposant sur les cryptomonnaies pour répondre aux besoins spécifiques du continent. Les investisseurs internationaux ont également reconnu le potentiel du marché africain et ont injecté des capitaux importants dans les startups et les projets liés aux cryptomonnaies et à la blockchain.
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Une timide adoption de la blockchain
Malgré la croissance fulgurante du marché des cryptomonnaies en Afrique, le continent a encore du mal à adopter la technologie blockchain. En 2021, le Kenya, le Nigéria et l'Afrique du Sud ont pourtant reçu 70 % des 88,5 millions de dollars de financement de la blockchain en Afrique selon le rapport.
Toutefois, la part du continent dans le financement mondial total de la blockchain n'est que de 0,5 %. Celle-ci devrait augmenter à mesure que davantage d'entreprises développent des solutions reposant sur cette technologie pour résoudre les problèmes rencontrés par les populations africaines.
Le rapport met également en lumière les défis auxquels sont confrontés les actifs crypto sur le continent. Il souligne que près de 20 % des pays d'Afrique subsaharienne interdisent ouvertement les cryptomonnaies, tandis que d'autres imposent des restrictions ou des interdictions implicites.
À ce jour, seule la République centrafricaine a désigné le bitcoin (BTC) comme monnaie légale malgré la réticence des autres pays de la région. Celle-ci a d’ailleurs été renforcée par les nombreux effondrements ayant secoué l’industrie crypto l’an dernier, tels que celui de l'exchange FTX. Il n’en demeure pas moins que cette classe d’actifs gagne en popularité auprès de la jeunesse africaine qui y voit un moyen d'atteindre la liberté financière.