Les trésoreries crypto pourraient connaître une profonde transformation en 2026. D’après Pantera Capital, le marché s’oriente vers une consolidation marquée, où seuls les plus grands acteurs continueront à prospérer, tandis que les plus modestes pourraient disparaître ou se faire absorber. Cette tendance, déjà perceptible dans les données récentes, redéfinit le paysage de la détention d’actifs numériques comme le Bitcoin et l’Ether.
Bitcoin et Ether accaparés par une poignée d’acteurs
Depuis le début de l’année, une dynamique de concentration s’est accélérée au sein des entreprises détenant des actifs numériques. Dans le cas de l’Ether, BitMine s’impose comme l’acteur central. La société a acquis 92 511 ETH, représentant environ 277 millions de dollars, rien qu’en 2026. Elle détient désormais 4,2 millions d’ETH, soit 3,48 % de l’offre totale, évaluée à 12,9 milliards de dollars. Cette progression place BitMine en tête des trésoreries axées sur Ethereum.
Autre exemple révélateur, l’entreprise hongkongaise Trend Research a acheté 41 500 ETH pour 126 millions de dollars. Ce qui distingue cette opération, c’est son financement. Au lieu d’émettre des actions ou de s’endetter traditionnellement, Trend Research a utilisé Aave, un protocole de prêt décentralisé. Ce modèle d’acquisition illustre l’émergence de nouvelles stratégies de financement, sans dilution de capital ni recours aux marchés traditionnels.
Du côté de Bitcoin, la concentration est encore plus marquée. La société Strategy, dirigée par Michael Saylor, a acquis 22 306 BTC en une semaine pour un montant de 2,13 milliards de dollars. Son portefeuille total atteint désormais 709 715 BTC, achetés à un prix moyen de 75 979 dollars par unité, soit 53,9 milliards de dollars au total. Strategy détient à elle seule 5,4 % de l’offre mondiale de Bitcoin détenue par les trésoreries d’entreprise, selon les chiffres de Bitcoinquant.
Petites trésoreries sous tension et dépendantes de la dette
Face à ces mastodontes, les petites trésoreries crypto rencontrent de sérieuses difficultés. Le cas d’ETHZilla est symptomatique de cette tendance. Pour rembourser des obligations convertibles sécurisées, l’entreprise a été contrainte de vendre 74,5 millions de dollars d’Ether. Cette vente forcée souligne la pression financière croissante sur les structures qui ne disposent pas de capital suffisant pour maintenir leurs positions ou développer leurs actifs numériques.
Pantera Capital décrit cette évolution comme un "brutal pruning" à venir en 2026. Selon le gestionnaire d’actifs, seules quelques grandes trésoreries subsisteront, absorbant les ressources et la part de marché des entreprises moins solides. Le reste se verra contraint de se faire racheter ou sera purement et simplement évincé du marché.
Ce scénario renforce l’idée d’un oligopole dans la détention des cryptomonnaies par les entreprises, où les entités les plus puissantes influencent à la fois le marché, la liquidité et peut-être même la gouvernance des blockchains concernées. La centralisation croissante pourrait aussi poser des questions sur la résilience du secteur face aux fluctuations réglementaires ou macroéconomiques.
La trajectoire actuelle met donc en lumière un double enjeu : la capacité des trésoreries à se financer de manière innovante, comme le montre l’usage de la DeFi, et leur aptitude à résister à une pression concurrentielle de plus en plus forte. Pour les acteurs émergents, l’équation devient complexe : comment grandir sans s’exposer au risque de dilution ou de faillite ?

