Strategy vient de frapper fort avec l’acquisition de 13 627 bitcoin (BTC) pour plus d’un milliard de dollars. Ce nouvel achat relance les interrogations autour de la stratégie d’accumulation massive de BTC adoptée par la société. Pourquoi une telle opération, dans un contexte de pertes comptables colossales ? Quels mécanismes financiers sont mobilisés pour financer ces achats ? Éclairage complet.
Une opération record en pleine période de pertes
Entre le 5 et le 11 janvier 2026, Strategy (anciennement MicroStrategy) a acquis 13 627 BTC pour un montant total d’environ 1,25 milliard de dollars. Ce nouvel achat porte les réserves de l’entreprise à 687 410 BTC, consolidant sa position de premier détenteur institutionnel de bitcoin au monde.
Ce qui retient l’attention, c’est le prix moyen d’acquisition de cette opération, situé à 91 519 dollars par bitcoin. Ce montant est nettement supérieur au prix d’achat moyen historique de la société, ce qui indique une volonté claire d'accroître les réserves, quelles que soient les fluctuations du marché.
Pourtant, cette décision survient dans un contexte où Strategy a reconnu une perte non réalisée de 17,4 milliards de dollars sur ses précédentes positions en BTC. En d’autres termes, la valeur actuelle de son portefeuille reste inférieure à son coût d’acquisition cumulé. Ce déséquilibre pourrait freiner certains acteurs institutionnels ; pour Strategy, c’est au contraire un levier pour renforcer sa conviction.
Une stratégie de financement centrée sur l’émission d’actions
Le financement de cette acquisition n’est pas issu des liquidités classiques ou de la revente d’actifs. Strategy a recours à un mécanisme de financement via émission d’actions “at-the-market”, combinant la vente de titres ordinaires et préférentiels. Cette stratégie financière permet de lever rapidement des fonds sans diluer excessivement la valeur des actions ni toucher aux réserves existantes de BTC.
Ce modèle, bien que complexe, permet à Strategy de continuer à acheter du Bitcoin tout en limitant l’impact direct sur sa trésorerie. Il s’agit d’une approche que Michael Saylor qualifie de “bitcoin standard”, inspirée des stratégies d’investissement à long terme.
L’objectif affiché reste inchangé. Accumuler le plus de BTC possible dans une logique de réserve de valeur à l’échelle macroéconomique. En pariant sur une rareté croissante du Bitcoin et une demande institutionnelle qui devrait s’intensifier dans les années à venir, Strategy poursuit un plan d’accumulation considéré par certains comme extrême, mais qui repose sur une vision assumée. Celle d’un Bitcoin à plus de six chiffres à l’horizon 2030.
Alors que de nombreuses entreprises diversifient leurs portefeuilles ou réduisent leur exposition aux actifs volatils, Strategy se distingue par une politique d’achat systématique, indépendamment du prix ou de la conjoncture économique. Cette posture iconoclaste fait débat, mais elle témoigne d’une cohérence stratégique à long terme, peu courante dans le secteur coté.

