Moins d'une semaine après avoir suspendu les activités de Worldcoin sur son territoire, le Kenya a lancé une perquisition au sein de l'entrepôt du projet situé à Nairobi. Cette opération aurait permis aux autorités de confisquer des documents et des machines afin de mieux enquêter sur Worldcoin. Les détails dans la suite.
Les motivations de la perquisition
Selon les informations rapportées par le média local Kahawatungu, la perquisition a été effectuée par des officiers de police accompagnés de représentants d'agences gouvernementales. Ils étaient munis d'un mandat de perquisition et ont saisi des machines qu'ils pensaient contenir des données collectées par Worldcoin. L’opération serait liée à des préoccupations réglementaires et à une enquête en cours concernant les activités de l'entreprise dans le pays.
Elle aurait été menée sous la supervision de Mme Immaculate Kassait, commissaire de l'Office of the Data Protection Commissioner (ODPC) du Kenya. Il convient de souligner que l'ODPC avait conclu que les activités de l'entreprise étaient conformes aux lois sur la protection des données. Cependant, après un « examen préliminaire », l'ODPC a émis des préoccupations réglementaires légitimes concernant le projet.
Ces dernières conclusions ont amené le ministre kenyan de l'Économie numérique à suspendre temporairement les activités de Worldcoin dans le pays. Ce dernier a notamment déclaré que la suspension du projet durera jusqu'au moment où les agences publiques compétentes attesteront l'absence de tout risque pour le grand public.
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Un nouveau coup dur pour les opérations de Worldcoin
La perquisition et la suspension des activités de Worldcoin au Kenya pourraient avoir des répercussions significatives sur le projet d'identité et de cryptomonnaie. En effet, Nairobi représente un marché clé pour Worldcoin, avec déjà plus d'un quart de millions d'inscriptions enregistrées dans cette ville. Cette opération de perquisition constitue alors un sérieux revers pour l'expansion du projet dans cette zone stratégique.
Par ailleurs, Worldcoin rencontre également des difficultés réglementaires sur d'autres marchés. L'organisme français chargé de la protection de la vie privée a déjà émis des réserves concernant ses méthodes de collecte de données. L'Office bavarois de contrôle de la protection des données mène également une enquête sur celles-ci depuis plusieurs mois, tandis que le Royaume-Uni envisage d'enclencher une procédure similaire.
Ce nouveau développement pourrait entacher davantage la réputation de Worldcoin et entraver sa croissance. Pour l'instant, aucun membre du projet ne s'est encore prononcé sur la perquisition effectuée au sein de leur entrepôt à Nairobi. Cette absence de réponse pourrait susciter des interrogations supplémentaires quant à la transparence de Worldcoin et à sa collaboration avec les autorités.