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Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Éditeur

Crypto et rapt : les six jeunes qui ont enlevé la magistrate

Les six jeunes qui ont enlevé une magistrate à Grenoble début février viennent d'être arrêté. L'affaire marque un tournant dans la criminalité liée au Web3.

Crypto et rapt : les six jeunes qui ont enlevé la magistrate
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L’affaire avait ébranlé les milieux judiciaires et crypto début février. Ce jeudi, la police a procédé à l’interpellation des six jeunes responsables. Ils sont âgés de 18 à 20 ans, sauf pour l’un d’entre eux qui est mineur. Tous sont désormais en garde à vue pour enlèvement et séquestration en bande organisée. Jusqu’ici, aucun suspect n’avait été identifié publiquement. L’avancée est donc majeure.

Une vague d’interpellations après la libération des otages

Les interpellations ont été réalisées en région Auvergne-Rhône-Alpes, avec l’appui de la brigade criminelle, de la police judiciaire de Grenoble et de la JIRS de Lyon. D’après les premiers éléments de l’enquête, certains des suspects tentaient de quitter le territoire en direction de l’Espagne. Leur profil tranche avec la gravité des faits : très jeunes, sans antécédents lourds, visiblement peu organisés.

Leur mise en cause repose sur des éléments numériques récoltés depuis la libération des victimes, notamment via la téléphonie mobile. Plusieurs appareils ont été saisis et sont en cours d’analyse pour retracer les communications et identifier d’éventuels complices ou un commanditaire extérieur.

Une cible liée au Web3, un mobile crypto assumé

Fait intéressant, les suspects n’étaient pas liés à la magistrate. C’est son compagnon, un entrepreneur actif dans le Web3, qui aurait été la véritable cible. Le groupe aurait agi en pensant accéder rapidement à des fonds en cryptomonnaies.

Un scénario déjà vu, notamment à Eaubonne en 2023, où un père avait été torturé pour des fonds numériques. Là aussi, les suspects avaient été arrêtés peu après.

Les ravisseurs auraient identifié ce profil via des publications en ligne ou des relais sur les réseaux sociaux. L’enquête penche vers une action opportuniste plus que structurée, sans preuve actuelle d’un réseau criminel derrière le rapt.

Cryptomonnaies, fantasmes et violences bien réelles

Cette vague d’interpellations marque un tournant dans cette affaire, mais aussi dans une tendance plus large : en plus d’être seulement un outil technique et financier, la crypto devient un mobile de délinquance physique. Après l’affaire d’Eaubonne, où un père de famille avait été torturé pour des fonds numériques, ces nouvelles arrestations confirment l’émergence d’une violence opportuniste liée à l’écosystème crypto.

Les figures du Web3, même périphériques, deviennent des cibles. Ce ne sont plus les plateformes qui attirent les attaques, mais les individus. Et le fantasme d’une richesse rapide, supposément cachée dans des wallets privés, suffit à motiver des passages à l’acte.

Pas besoin d’un cartel organisé. Un groupe WhatsApp, une promesse de crypto facile, et un coup monté entre jeunes prêts à tout suffisent désormais. Et pour les acteurs du Web3, même discrets, cette affaire rappelle une vérité simple : l’exposition se paie parfois bien plus cher qu’un portefeuille piraté.

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