La blockchain Solana connaît une montée en flèche du nombre d'adresses actives, atteignant un nouveau record. Toutefois, ce chiffre impressionnant cache une réalité plus nuancée qui divise les observateurs. La plupart de ces portefeuilles n'ont presque pas de SOL, la crypto native de Solana, ce qui soulève des questions sur l'origine réelle de cette activité.

Une activité en pleine explosion, mais des portefeuilles crypto vides

Le réseau Solana a récemment franchi un cap symbolique, atteignant les 100 millions d'adresses actives mensuelles, d’après les données d’Artemis Terminal. Cette performance marque une hausse spectaculaire comparée aux 509 000 adresses enregistrées en début d'année 2024. Cependant, un grand nombre de ces portefeuilles sont totalement vides. Selon Hello Moon, plus de 86 millions de comptes n’ont aucun SOL, tandis que 15,5 millions détiennent moins d’un token.

Le phénomène des adresses vides suscite plusieurs interrogations. Certains experts, comme Dan Hughes, fondateur de Radix DLT, pensent que ces adresses sont liées à l’utilisation de portefeuilles proxy sur les exchanges centralisés (CEX) ou les applications DeFi. Il explique que ces adresses intermédiaires, générées lors des transactions, ne conservent pas les tokens, qui sont rapidement transférés dans les hot wallets des exchanges.

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Solana : Une croissance soumise à des critiques

La croissance de Solana est souvent critiquée par ceux qui estiment que le réseau est inondé de bots, qui gonflent artificiellement les chiffres d'activité. Hughes souligne que « sur Solana, il est très facile et peu coûteux de faire apparaître de nombreux utilisateurs actifs en transférant des fonds entre nouvelles adresses ». Ces préoccupations s'intensifient, car de nombreux observateurs se demandent si les chiffres reflètent véritablement l'engagement des utilisateurs ou s'ils sont le résultat de manipulations.

Austin Federa, responsable de la stratégie à la Solana Foundation, répond à ces critiques en affirmant que « les transactions de bots, bien qu'elles aient une valeur économique inférieure à celles des humains, restent des transactions ». Cette remarque souligne le paradoxe de Solana, qui est souvent perçu comme une plateforme efficace pour des transactions rapides à bas coût, mais qui peut également être victime de son propre succès.

L’essor de l'activité sur Solana reflète à la fois la popularité croissante du réseau et les défis que pose la vérification de l'authenticité des comptes actifs. Si la blockchain bénéficie de ces interactions, notamment par l'augmentation des frais et la gestion de son inflation, l'usage intensif de bots pourrait ternir l’image de sa croissance. À l’avenir, Solana devra trouver un équilibre entre l'attrait de son modèle économique et la crédibilité des statistiques qui en découlent.