Alors que le bitcoin tourne encore autour des 70 000 dollars, Strategy, anciennement MicroStrategy, a annoncé avoir acquis 1 142 BTC pour un montant de 90 millions de dollars. Un achat effectué à un prix moyen de 78 815 dollars par unité. Ce mouvement, très au-dessus du cours de la semaine, relance les critiques sur la cohérence et la souplesse réelle de la stratégie portée par Michael Saylor.
Achat de BTC à contretemps : Pari visionnaire ou obsession risquée ?
Avec ce nouvel achat, Strategy détient désormais 714 644 BTC. L’entrepreise détient ainsi, à elle seule, plus de 3 % de tous les bitcoins qui existeront un jour. Valeur actuelle estimée : 54,35 milliards de dollars. Le prix moyen global d’achat, lui, reste figé à 76 056 dollars. Ce nouvel investissement n’a donc rien optimisé.
Le timing, lui, laisse perplexe. Quelques jours avant la transaction, le bitcoin avait brièvement glissé sous les 69 000 dollars. Pourquoi acheter au plus haut alors qu’un point d’entrée bien plus bas venait d’être offert sur un plateau ? Chez les observateurs, les réactions fusent. Pour certains, Saylor reste fidèle à sa vision. Pour d’autres, il fonce tête baissée, comme un maximaliste dogmatique.
Des achats en OTC... mais au prix fort
Comme à son habitude, Strategy n’a pas acheté sur un exchange classique. L’entreprise passe par des desks OTC, plus discrets, moins exposés à la volatilité immédiate.
Ces transactions hors des plateformes publiques offrent de la discrétion et protègent contre les effets de glissement sur les marchés. Sauf qu’elles s’effectuent souvent à un tarif supérieur, basé sur un indice moyen pondéré comme le VWAP.
D’un point de vue technique, c’est propre. Mais sur le plan stratégique, cela pose question. Aucun ajustement, aucun arbitrage, même quand le marché dévisse ? Cela ressemble moins à une stratégie qu’à un mantra.
MicroStrategy joue sa réputation sur une seule conviction
Pour financer cette opération, Strategy a vendu 616 715 actions MSTR. L’action a tangué, tombée à 107 dollars avant de rebondir à 135. La corrélation entre le MSTR et le cours du bitcoin est désormais totale. L’entreprise vit au rythme de satoshi.
Et Saylor ne change pas d’un iota : il n’a jamais vendu un seul satoshi. Et il ne prévoit pas de le faire. Mais à mesure que le coût moyen grimpe, la pression augmente, elle aussi. La marge d’erreur diminue. Mais la conviction est totale. Toute la structure repose désormais sur une idée simple : le bitcoin montera. Sinon ? Strategy pourrait bien devenir l’exemple parfait de la foi mal placée.

