La blockchain entre dans une nouvelle phase d’évolution. L’apparition d’outils no-code pilotés par l’intelligence artificielle remet en cause les standards techniques du Web3 et bouscule la domination historique d’AWS dans l’hébergement des services décentralisés. En combinant automatisation et infrastructure blockchain, ces nouvelles solutions offrent une alternative cohérente, résiliente et fidèle aux principes de décentralisation.
L’essor du no-code IA modifie les fondamentaux de l’infrastructure décentralisée
Lomesh Dutta, vice-président de la Dfinity Foundation, affirme que les outils récents permettent à quiconque de générer des applications simplement en les décrivant en langage naturel. La production de code devient automatique, ce qui rend la création d’applications Web3 accessible au plus grand nombre, sans compétence technique particulière.
Cette facilité d’usage se combine à une exécution directement sur la blockchain. Ces outils, notamment ceux basés sur Internet Computer, ne requièrent aucune supervision humaine pour maintenir une application en ligne. L’infrastructure ainsi construite se veut autonome, sécurisée et résistante à toute manipulation extérieure. Ce fonctionnement tranche avec les serveurs traditionnels, en supprimant tout point de contrôle central.
Une nouvelle dynamique se dessine où le code, le déploiement et l’hébergement s’unissent dans une logique blockchain-native. Cette approche met fin à la dépendance aux fournisseurs d’hébergement traditionnels et offre un modèle véritablement distribué.
La dépendance au cloud centralisé trahit l’idéal du Web3
En dépit de l’idéologie affichée par l’écosystème blockchain, de nombreux projets reposent toujours sur AWS pour héberger leurs interfaces, tableaux de bord ou systèmes d’authentification. Cette centralisation technique crée un déséquilibre entre les ambitions proclamées et les choix d’architecture.
Les limites de ce modèle sont apparues lors des pannes répétées d’AWS en 2025. En avril, Binance, KuCoin et MEXC ont dû suspendre des services, dont certains retraits. En octobre, Coinbase a été affecté pendant plus de quinze heures. Ces incidents ont perturbé des millions d’utilisateurs et révélé une fragilité structurelle.
La centralisation de l’hébergement rend tout l’écosystème vulnérable. Même les applications les plus décentralisées dans leur fonctionnement peuvent être stoppées net dès lors que leur infrastructure repose sur un acteur unique.
Une mutation s’impose pour aligner technique et discours
La progression des outils no-code associés à la blockchain permet d’envisager un Web3 en accord avec ses principes fondateurs. Ces technologies ne nécessitent ni serveurs centralisés ni surveillance humaine continue. Elles permettent aux applications de s’exécuter, se maintenir et évoluer de manière autonome.
Ce nouveau modèle offre une solution à la dissonance entre le discours sur la décentralisation et la réalité opérationnelle. Il propose une infrastructure souveraine, résistante aux interruptions et fidèle à l’esprit initial de la blockchain.
Pour les projets Web3, la rupture avec les habitudes du cloud classique devient un passage obligé. La cohérence entre valeurs, choix techniques et promesses faites aux utilisateurs pourrait bien devenir le nouveau standard dans cette industrie.
