Alors que la peur domine les marchés crypto et que son action s’effondre, Metaplanet maintient le cap. Cotée à Tokyo, l’entreprise redouble d’audace en réaffirmant son choix radical : faire du Bitcoin le cœur de sa stratégie financière. Un positionnement qui rappelle celui d’un géant bien connu outre-Atlantique.
La stratégie Bitcoin-first de Metaplanet malgré la chute du cours
En juin 2024, alors que le climat du marché bascule dans un état de « peur extrême », le titre de Metaplanet enregistre une baisse de 25 %. Son action, après avoir brièvement atteint 104 yens au moment de l’annonce initiale de son virage vers Bitcoin, se négocie désormais autour de 42 yens. Loin de freiner ses ambitions, ce repli boursier semble au contraire renforcer la conviction du management.
Simon Gerovich, PDG de Metaplanet, le réaffirme sans détour : l'entreprise entend poursuivre l'accumulation de BTC. Cette démarche s’inscrit dans une logique d’allocation stratégique d’actifs, motivée par un contexte économique local jugé peu favorable à la conservation de valeur. Depuis avril, Metaplanet a acquis 117,7 BTC, pour un montant d’environ 10 millions de dollars. Cette initiative positionne la société comme un acteur engagé dans l’écosystème, adoptant une stratégie qui rappelle l’approche similaire de MicroStrategy vis-à-vis du Bitcoin.
Ce choix repose sur une lecture macro-économique du Japon, caractérisé par des politiques monétaires ultra-accommodantes, une inflation structurellement basse mais une monnaie affaiblie. Pour Metaplanet, Bitcoin devient un outil de couverture contre la dilution monétaire, un actif refuge jugé plus sûr que le yen à long terme.
Un pari risqué face à la frilosité du marché et au contexte japonais
Alors que l’indice de peur et de cupidité du marché crypto indique un climat d’extrême aversion au risque, Metaplanet prend résolument le contre-pied. En poursuivant ses achats dans une phase baissière, la société parie sur une future revalorisation de ses avoirs numériques.
Mais ce positionnement soulève plusieurs interrogations. Metaplanet, à la différence de certains fonds ou sociétés diversifiées, mise exclusivement sur Bitcoin. Ce manque de diversification accroît mécaniquement l’exposition au risque. L'entreprise semble faire le choix de la concentration maximale plutôt que celui de la prudence financière.
Dans un pays où les investissements d'entreprise restent traditionnellement conservateurs, cette stratégie tranche radicalement. Elle pourrait séduire certains investisseurs à la recherche de rendements potentiels non corrélés aux marchés classiques. D'autres, plus sceptiques, pourraient y voir une exposition excessive à un actif encore perçu comme volatil.
En l’absence de résultats tangibles à court terme, la pression pourrait monter sur la direction. Reste à savoir si la vision défendue par Metaplanet portera ses fruits à horizon long terme ou si elle servira de contre-exemple dans le débat sur l’intégration du Bitcoin en entreprise.

