En pleine mutation, le paysage financier mondial est actuellement marqué par une série d'innovations dans le domaine des paiements numériques. Les monnaies numériques des banques centrales (CBDC) suscitent d'ailleurs un intérêt croissant dans ce contexte. Cependant, Ashok Venkateswaran, responsable de la blockchain et des actifs numériques de Mastercard pour l'Asie-Pacifique, a récemment exprimé des réserves sur l'adoption généralisée des CBDC de détails (rCBDC).

Les obstacles à une adoption généralisée des rCBDC

Destinées aux particuliers pour leurs transactions quotidiennes, les rCBDC se différencient de celles de gros qui sont exclusivement réservées aux institutions financières. Le Fonds Monétaire international (FMI) les considère comme une alternative sûre et peu coûteuse à l'argent liquide. Malgré cela, seuls 11 pays sur les 60 explorant ces monnaies numériques les ont pleinement adoptées.

Selon M. Venkateswaran, l'adoption des rCBDC est entravée par le confort que procurent les méthodes de paiement traditionnelles aux consommateurs. Ces dernières sont profondément enracinées dans leur quotidien, ce qui empêche les particuliers à embrasser la transition vers les rCBDC.

M. Venkateswaran estime que les rCBDC doivent notamment offrir une expérience similaire à celle des devises fiduciaires pour qu'elles soient adoptées à grande échelle. Les utilisateurs devraient être en mesure de les dépenser librement comme ils le feraient avec des espèces. En d'autres termes, seule une expérience utilisateur transparente et fluide contribuerait selon lui à établir une confiance accrue dans cette nouvelle forme de monnaie.

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Intégration des rCBDC en fonction des exigences nationales

M. Venkateswaran souligne que l'adoption des rCBDC doit être envisagée au cas par cas, en fonction des besoins spécifiques de chaque pays. Dans les nations où les réseaux de paiements sont moins développés, ces monnaies numériques pourraient offrir une alternative crédible. Ces pays pourraient notamment s'appuyer sur l'adoption des rCBDC pour renforcer et moderniser leur infrastructure financière.

Cependant, M. Venkateswaran reconnaît que la mise en place de l'infrastructure indispensable à l'adoption des CBDC demande du temps et des efforts considérables. « De nos jours, beaucoup de banques centrales sont devenues très innovantes parce qu'elles travaillent en étroite collaboration avec des entreprises privées comme la nôtre, pour créer cet écosystème. », a-t-il ajouté.

En résumé, l'avenir des rCBDC dépendra d'un équilibre délicat entre l'innovation technologique, les préférences des consommateurs, les considérations réglementaires et les besoins financiers spécifiques à chaque pays. Mastercard s'engage déjà activement dans cette dynamique, en offrant au secteur public son expertise pour faciliter l'adoption de ces monnaies numériques.