Le secteur crypto connaît une dynamique sans précédent, notamment en matière de transactions illicites. En 2025, les sanctions économiques imposées à certains États ont conduit à une explosion du flux de cryptos vers des adresses suspectes. Un rapport de Chainalysis révèle que la valeur des cryptomonnaies reçues par ces adresses a atteint des sommets historiques. Cette évolution, alimentée par des enjeux géopolitiques majeurs, soulève d'importantes questions sur la régulation et la sécurité du marché. Mais que se cache-t-il réellement derrière cette envolée des transactions illicites ?
L'impact des sanctions sur les transactions crypto illicites
En 2025, les sanctions économiques imposées à des pays comme la Russie ont eu des conséquences directes sur les transactions en cryptomonnaies. Selon Chainalysis, ces mesures ont poussé les entités sanctionnées à rediriger des flux financiers vers des adresses crypto, pour un montant record de 154 milliards de dollars. Une augmentation spectaculaire de 162 % par rapport à 2024, où les volumes s'élevaient à 59 milliards. « En 2025, nous avons observé une augmentation notable de l'activité des États-nations dans l'écosystème crypto, marquant une nouvelle phase de la maturation de ce système illicite », a indiqué Chainalysis dans son rapport sur les crimes crypto.
La Russie, en particulier, a joué un rôle central. Après l'invasion de l'Ukraine, le pays a émis son propre token adossé au rouble, l'A7A5, et a traité plus de 93 milliards de dollars en cryptomonnaies en moins d'un an. Un chiffre qui reflète une tendance plus large : des gouvernements cherchant à contourner les sanctions économiques internationales via des solutions basées sur la blockchain.
L'usage croissant des stablecoins dans les transactions illicites
Les stablecoins, qui représentent désormais 84 % du volume des transactions illicites, sont devenus un outil privilégié par ces acteurs. Chainalysis précise que l’essor de ces monnaies numériques, en raison de leur faible volatilité et de leur facilité de transfert à travers les frontières, est parallèle à l’expansion des transactions légitimes dans l'écosystème des cryptomonnaies. Cette tendance souligne une adaptation du secteur illicite aux outils technologiques avancés utilisés par les acteurs légaux.
Cependant, bien que l'usage des cryptomonnaies à des fins illicites ait explosé, il reste minoritaire par rapport aux volumes globaux. Loin de représenter une menace systémique pour le marché, ces transactions représentent moins de 1% du total des échanges en cryptomonnaies. Une proportion modeste, mais qui devrait continuer d'augmenter à mesure que la traçabilité des adresses suspectes se perfectionne.
Si la hausse des transactions illicites est inquiétante, elle semble néanmoins loin de remettre en question la stabilité de l'écosystème crypto dans son ensemble. Néanmoins, les régulations futures devront se concentrer sur cette évolution pour éviter que la blockchain ne devienne un outil trop efficace pour contourner les sanctions économiques.

