La dynamique du staking sur Ethereum connaît une transformation spectaculaire. Alors que la sortie des validateurs s’est figée, la file d’attente d’entrée s’allonge à des niveaux inédits, signe d’un engouement croissant pour ce mécanisme central de la blockchain.
Un basculement net de confiance : Les validateurs restent, les nouveaux affluent
Le réseau Ethereum fonctionne selon un modèle de preuve d’enjeu (Proof-of-Stake), dans lequel les validateurs bloquent leurs ETH pour sécuriser les transactions et gagner des récompenses. Jusqu’à récemment, une part significative des validateurs choisissaient de sortir du système, parfois pour des raisons de prise de bénéfices ou d’incertitude de marché. Cette tendance s’est complètement inversée.
La file d’attente de sortie est désormais à zéro ETH, contre un pic de 2,67 millions en septembre 2025. Cela signifie qu’aucun validateur ne cherche à quitter le système au moment de la publication de l’article. En parallèle, la file d’attente d’entrée atteint 2,6 millions d’ETH, un niveau jamais vu depuis juillet 2023. Les délais d’attente pour rejoindre le staking s’allongent jusqu’à 45 jours, tandis qu’un retrait peut être traité en quelques minutes seulement.
Ce changement de comportement indique un regain massif de confiance dans Ethereum comme actif générateur de rendement, notamment avec un taux d’intérêt annuel actuel de 2,8 %. Selon Leon Waitmann, responsable de la recherche chez Onchain Foundation, « une fois que cette file d’attente d’entrée se transforme en validateurs actifs, le taux de staking atteindra de nouveaux sommets ».
Institutions et raréfaction : Deux moteurs d’une possible tension haussière
Les flux entrants ne sont pas uniquement le fait des petits investisseurs. Les institutions y participent activement. Le groupe BitMine Immersion Technologies, dirigé par Tom Lee, aurait engagé plus de 1,25 million d’ETH dans le staking, soit plus d’un tiers de ses avoirs en Ethereum. Une telle implication renforce l’idée d’un intérêt stratégique de long terme.
Par ailleurs, une part considérable de l’offre totale est aujourd’hui verrouillée. Santiment estime que 46,5 % de l’ETH en circulation est désormais déposé dans le contrat PoS, ce qui représente 77,85 millions d’ETH, soit environ 256 milliards de dollars. Ce chiffre ne signifie pas que tous ces ETH sont immédiatement activés pour valider, mais 36,1 millions le sont déjà, soit 29 % de l’offre.
Cette concentration des tokens dans des contrats inaccessibles crée une raréfaction de l’offre liquide sur les marchés. En théorie, si la demande reste constante ou augmente, cette situation pourrait générer une pression haussière sur le prix de l’ETH, actuellement à 3 300 $, encore éloigné de son plus haut historique de 4 946 $ atteint en août 2025.
Une nouvelle phase s’annonce pour Ethereum : Vers un ETH plus stable et valorisé ?
Le double effet d’une diminution de la pression vendeuse et d’une croissance rapide de la demande de staking donne à Ethereum une nouvelle assise. Le réseau se stabilise, s’institutionnalise et se structure autour d’un système incitatif robuste.
Si cette dynamique se maintient, elle pourrait contribuer à faire d’Ethereum un actif refuge dans l’univers crypto, en raison de sa capacité à offrir des revenus passifs tout en limitant la volatilité liée aux ventes massives. L’arrivée massive de validateurs supplémentaires pourrait aussi renforcer la résilience du réseau, tout en stimulant son attractivité auprès des utilisateurs et développeurs.
Le prochain défi ? Convertir cette base solide en croissance durable, en continuant à séduire à la fois les investisseurs individuels et les acteurs institutionnels. Dans un contexte où près de la moitié des ETH sont déjà mobilisés, chaque token en circulation devient un vecteur potentiel de rareté, mais aussi d'opportunité.

