Un stablecoin pour reconstruire Gaza ? Selon le Financial Times, le Board of Peace mis en place par Donald Trump étudie sérieusement cette option. L’idée serait d’introduire un jeton numérique permettant aux habitants de Gaza d’effectuer des transactions digitales dans un territoire ravagé par deux années de guerre.
Un stablecoin pour relancer l’économie locale
Créé en janvier par Donald Trump, le Board of Peace exige une contribution d’un milliard de dollars pour devenir membre permanent. Les États-Unis se sont engagés à hauteur de 10 milliards de dollars. Vingt-six pays figurent parmi les membres fondateurs, dont Israël, l’Arabie saoudite, la Hongrie et le Salvador. Plusieurs pays d’Europe occidentale ont décliné l’invitation.
Selon le Financial Times, le conseil explore actuellement la possibilité d’émettre un stablecoin destiné à faciliter les échanges numériques à Gaza. Une source proche du dossier précise que ce jeton ne serait ni un meme coin ni un substitut à une monnaie nationale. Il servirait uniquement de « moyen permettant aux habitants de Gaza de transacter numériquement ».
Aucune entité n’a encore été désignée pour l’émission potentielle du stablecoin. Toutefois, l’administration Trump s’est récemment montrée favorable au développement des stablecoins aux États-Unis, notamment avec la signature de la loi GENIUS Act en juillet, qui élargit leur cadre d’utilisation.
Un projet jugé prématuré par certains experts
Sur le terrain, l’économie gazaouie a été profondément déstabilisée depuis l’attaque du Hamas en octobre 2023 et les opérations militaires qui ont suivi. Une grande partie des zones habitées a été détruite ou lourdement endommagée.
Dans ce contexte, un stablecoin pourrait offrir un canal de paiement alternatif dans un système bancaire affaibli. Mais des voix s’élèvent déjà pour tempérer l’enthousiasme.
Snir Levi, PDG de la plateforme d’intelligence blockchain Nominis, estime que la proposition reste « très prématurée ». Il rappelle qu’au cours des deux dernières années, des bureaux OTC à Gaza ont déjà déplacé plus de 100 millions de dollars en stablecoins, souvent sans cadre réglementaire clair. Selon lui, sans structure adaptée, un nouveau stablecoin risquerait de reproduire les mêmes dérives.
Une vision plus large de la reconstruction
Le projet de stablecoin s’inscrirait dans une réflexion plus vaste menée par l’administration Trump sur l’avenir de Gaza après le cessez-le-feu officiellement en place depuis octobre 2025.
Selon le Financial Times, Donald Trump aurait également envisagé un plan de « tokenisation » des terres dans le territoire. L’idée serait d’utiliser des jetons numériques pour organiser la relocalisation et le relogement des habitants dans le cadre d’un projet de développement supervisé par les États-Unis. En février 2025, il avait évoqué la possibilité pour les États-Unis de « prendre le contrôle » de Gaza afin d’en faire la « Riviera du Moyen-Orient ».
Entre ambitions géopolitiques et expérimentation financière, le projet de stablecoin pour Gaza soulève autant de questions techniques que politiques. S’il voit le jour, il pourrait constituer l’un des premiers cas d’usage d’un stablecoin adossé à une initiative de reconstruction post-conflit à grande échelle.

