Le Bureau national d'enquête finlandais aurait suivi les transactions en Monero (XMR) dans le cadre d'une enquête sur le procès pénal de Julius Aleksanteri Kivimäki. Ce dernier est accusé d'avoir piraté la base de données d'un cabinet privé de santé mentale et d'avoir exigé le paiement d'une rançon en cryptomonnaies.

Selon les médias locaux, les procureurs ont présenté le 22 janvier de nouvelles preuves montrant une piste de cryptomonnaie menant au compte bancaire de Kivimäki. En octobre 2022, le pirate aurait exigé 40 bitcoins (BTC) en échange de la non-publication des dossiers de plus de 33 000 patients du fournisseur de services de psychothérapie Vastaamo.

Lorsque la rançon n'a pas été payée, Kivimäki aurait commencé à cibler des patients individuels. Selon la police finlandaise, le pirate a reçu des paiements en bitcoins et a envoyé les fonds à un exchange qui n'était pas conforme aux directives "Know Your Customer" (KYC) avant de les échanger contre des Monero et de les transférer sur un portefeuille Monero dédié.

Journée intéressante en Finlande. #vastaamo pic.twitter.com/FupGQ9fWWE
    - Joe Tidy (@joetidy) 19 janvier 2024

Selon les rapports, les fonds ont ensuite été envoyés sur Binance, échangés à nouveau contre des bitcoins et déplacés sur différents portefeuilles. Les autorités locales maintiennent la confidentialité et n'ont pas divulgué d'autres détails sur leur analyse on-chain.

Le Monero est réputé pour ses solides caractéristiques en matière de protection de la vie privée et est censé être intraçable, selon sa page web officielle. Ses technologies d'amélioration de la confidentialité comprennent les Ring Confidential Transactions (RingCT), les signatures en anneau et les adresses furtives.

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Les RingCT mélangent les transactions des utilisateurs, dissimulant la source réelle des fonds, tandis que les signatures en anneau dissimulent l'identité de l'expéditeur en le présentant comme faisant partie d'un groupe d'expéditeurs possibles.

Une autre caractéristique clé du Monero est la furtivité des adresses, qui permet de générer une adresse unique pour chaque transaction, ce qui rend difficile l'établissement d'un lien entre plusieurs transactions et le même destinataire.

En mars 2019, le responsable de la commission des finances à l'Assemblée nationale française, Eric Woerth, a proposé d'interdire les cryptomonnaies anonymes, dont le Monero, en raison de leur capacité à anonymiser complètement les utilisateurs, contournant ainsi toute procédure d'identification.

Les autorités américaines se sont également intéressées de près au Monero. En 2020, l'Internal Revenue Service a offert une prime pouvant aller jusqu'à 625 000 dollars à quiconque démantelerait des cryptomonnaies privées prétendument intraçables.

Des recherches antérieures suggèrent que l'analyse de la blockchain peut retracer les transactions effectuées avec des cryptomonnaies privées, y compris les activités antérieures à 2017.