L’ère de la discrétion fiscale dans le secteur crypto appartient désormais au passé. Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 (Directive sur la coopération administrative) s’applique en France ainsi que dans 47 autres pays, instaurant un système de transmission automatique des données entre exchanges crypto et administrations fiscales.
Le fisc a désormais une vue complète sur vos transactions
Depuis le début de l’année, les exchanges de cryptomonnaies ont l’obligation de transmettre automatiquement aux autorités fiscales les données de leurs utilisateurs. Ce partage d’informations inclut l’identité des détenteurs, le détail des transactions, les montants engagés, les plus-values générées et les prix de vente associés.
Cette nouvelle règle s’applique à toutes les plateformes crypto centralisées opérant dans les juridictions couvertes par DAC8. Il ne s’agit plus de coopérations ponctuelles liées à des soupçons de fraude, la transmission est systématique, encadrée par la loi de finances 2025, qui a transposé cette directive dans le Code général des impôts.
Le fisc français peut désormais recouper automatiquement les données reçues avec les déclarations fiscales des particuliers, en quête d’éventuelles omissions ou dissimulations de gains.
Ce que les détenteurs de crypto doivent faire en 2026
Pour les particuliers détenant des cryptos, cette évolution impose une discipline nouvelle. Toute opération — achat, vente, transfert — réalisée via une plateforme soumise à DAC8 est désormais traçable par l’administration. Le moment est donc venu de vérifier la cohérence des déclarations antérieures et de s’assurer que les plus-values sont correctement calculées et reportées.
Si les premières transmissions intergouvernementales de données n’interviendront qu’en 2027, les informations collectées cette année seront bel et bien celles analysées l’an prochain. Autrement dit, 2026 est l’année de référence pour la fiscalité crypto à venir.
Les utilisateurs doivent également se préparer à conserver de façon rigoureuse les historiques de transactions, en prévision de potentielles demandes de justification. Les outils de suivi et les plateformes conformes à DAC8 deviennent dès lors des alliés indispensables.
La crypto entre dans le champ de la transparence fiscale mondiale
Ce nouveau système marque une rupture profonde dans l’approche fiscale des cryptomonnaies. Longtemps perçus comme des outils d’optimisation ou de discrétion, les actifs numériques entrent désormais dans la même logique de transparence que les comptes bancaires ou produits financiers classiques.
Cette évolution répond à une volonté politique claire : fermer les angles morts fiscaux liés à l’usage des cryptos, et intégrer pleinement ce secteur à la coopération internationale contre l’évasion fiscale. La directive DAC8, adoptée à l’échelle de l’Union européenne, s’inscrit d’ailleurs dans le prolongement de normes définies par l’OCDE.
En 2026, la fiscalité des cryptomonnaies franchit un cap décisif. Transparence, automatisation, traçabilité : autant de mots-clés qui définissent le nouveau paysage réglementaire. Pour les investisseurs, la vigilance devient la règle, et la conformité un impératif.
