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Martin YoungMartin Young

Neuf mythes sur la consommation énergétique de Bitcoin remis en cause par les données

Le chercheur en ESG Daniel Batten affirme que des études évaluées par des pairs contestent les accusations selon lesquelles le minage de bitcoin déstabiliserait les réseaux électriques ou ferait grimper les prix de l’électricité.

Neuf mythes sur la consommation énergétique de Bitcoin remis en cause par les données
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L’impact environnemental du Bitcoin reste vivement débattu. Ses détracteurs critiquent sa consommation énergétique, tandis que le chercheur ESG Daniel Batten remet en cause plusieurs de ces affirmations.

Dans un fil publié samedi sur X, Daniel Batten explique que neuf critiques récurrentes sur l’énergie utilisée par le minage de Bitcoin sont contredites par des études académiques et des données issues des réseaux électriques.

« Toute technologie disruptive émergente s’accompagne d’affirmations fondées sur une mauvaise compréhension, un manque de données et la peur de l’inconnu », estime Batten.

En novembre, le Dow Jones a critiqué Harvard University pour avoir investi une partie de son fonds de dotation en BTC. Le média a qualifié le Bitcoin de « fausse monnaie et outil de blanchiment, constituant aussi une catastrophe environnementale ».

En juillet, Bloomberg affirmait que le Bitcoin « dévore l’électricité destinée aux populations les plus pauvres ».

Certains chercheurs en environnement contestent toutefois ces conclusions. Ils soulignent que les émissions indirectes et les coûts d’opportunité liés au minage restent difficiles à mesurer avec précision.

Mythe : Le Bitcoin consomme excessivement les ressources et déstabilise les réseaux électriques

L’idée selon laquelle le Bitcoin consommerait énormément d’énergie, d’eau et générerait des déchets électroniques par transaction est tout simplement « fausse », selon Batten.

Il affirme que cette thèse a déjà été réfutée par quatre études évaluées par des pairs. Celles-ci concluent que l’utilisation des ressources est indépendante du volume de transactions.

Batten s’appuie notamment sur des recherches citées dans le Digital Mining Industry Report 2025 de l’Université de Cambridge. Le rapport montre que la consommation énergétique du Bitcoin dépend peu du nombre de transactions. « Cela signifie que le volume de transactions peut augmenter sans accroître l’usage des ressources », explique-t-il.

Deuxième point : l’affirmation selon laquelle le minage de Bitcoin déstabiliserait les réseaux électriques relève aussi du mythe. Selon Batten, il aurait au contraire un effet stabilisateur grâce à la flexibilité de la charge. Cet effet est particulièrement visible sur les réseaux fortement alimentés par des énergies renouvelables, comme au Texas.

Le minage de Bitcoin n’augmente pas les factures d’électricité

Aucune donnée ne prouve que les consommateurs paient davantage leur électricité à cause des mineurs de Bitcoin, affirme Batten.

« Ni les données disponibles, ni les études académiques ne soutiennent cette affirmation », précise-t-il. Il cite plusieurs cas où le minage a contribué à faire baisser les prix de l’électricité.

Comparer la consommation énergétique du Bitcoin à celle de pays entiers est trompeur. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’enjeu principal est la transformation des sources d’énergie, et non la seule réduction de la consommation.

En novembre, Morningstar rapportait que « le réseau informatique mondial soutenant le Bitcoin consomme déjà plus d’énergie que la Thaïlande ou la Pologne ».

Daniel Batten conteste également l’idée selon laquelle le Bitcoin aurait une « empreinte carbone élevée ». Il rappelle que le minage ne génère aucune émission directe. Les émissions sont uniquement de type scope-2, liées à l’électricité consommée.

« Le minage de Bitcoin est en réalité la seule industrie mondiale pour laquelle des données indépendantes et robustes montrent que plus de 50 % de l’énergie utilisée est durable », affirme-t-il.

L’intensité carbone du minage de Bitcoin est en baisse. Source: Daniel Batten

Le proof-of-stake n’est pas nécessairement supérieur

Daniel Batten remet aussi en cause l’idée selon laquelle Ethereum (ETH), en Proof-of-Stake, serait plus écologique que le Bitcoin (BTC) en Proof-of-Work. Selon lui, cette comparaison « confond consommation d’énergie et impact environnemental ».

En 2022, un article de l’Australian Financial Review expliquait que, avant sa transition vers le Proof-of-Stake, Ethereum consommait autant d’électricité que le Chili.

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Capture d’écran d’un article de 2022 sur le Merge d’Ethereum. Source: AFR

Batten souligne toutefois que le Proof-of-Work présente plusieurs avantages. Il permet notamment de réduire les émissions de méthane, de stabiliser les réseaux électriques, d’augmenter les capacités renouvelables et de valoriser l’énergie renouvelable excédentaire.

Il précise que si le gaz de décharge ou le gaz torché pourraient théoriquement être utilisés à d’autres fins, ces alternatives se sont révélées économiquement non viables à grande échelle.

Le minage de Bitcoin favorise les énergies renouvelables

L’affirmation selon laquelle le minage détournerait l’énergie renouvelable d’autres usages est également fausse, selon Batten. Les données montrent l’inverse.

« De nombreuses personnes ont aujourd’hui accès à de l’énergie renouvelable grâce au minage de Bitcoin, alors qu’elles n’y auraient pas eu accès autrement », explique-t-il. Il cite le projet Gridless en Afrique, qui aurait fourni de l’électricité renouvelable à environ 28 000 personnes.

Enfin, l’idée que « le minage de Bitcoin gaspille de l’énergie » relève du mythe. Selon Batten, il permet au contraire d’éviter le gaspillage d’énergie renouvelable. Des études montrent un taux d’utilisation supérieur à 90 % pour le solaire et l’éolien.

Il s’appuie sur des recherches évaluées par des pairs menées par Moghimi et al., ainsi que Lai et You. Ces travaux concluent que le minage réduit fortement les pertes d’énergie renouvelable et améliore l’économie des micro-réseaux.

« Par ailleurs, parler de “gaspillage d’énergie” n’est pas une analyse objective, mais un jugement de valeur. On ne peut parler de gaspillage que si aucun bénéfice pour l’humanité n’est produit », conclut Batten.