Cypherpunk, formaliser une lutte pour se protéger sur le web
Un cypherpunk est un individu qui préconise l'utilisation généralisée de la cryptographie forte et des technologies d'amélioration de la vie privée comme une voie vers le changement social et politique.
Selon Julien Guitton, pour bien comprendre le mouvement et la mentalité Cypherpunk, il est important de se pencher sur trois œuvres.
Tout d’abord, dans son "Crypto Anarchist Manifesto" de 1992, Timothy C. May a présenté les principes de base du crypto-anarchisme, des échanges cryptés garantissant un anonymat total, une liberté d'expression totale et une liberté de commerce totale.
Une citation nous intéresse particulièrement :
« Tout comme la technologie de l'imprimerie a modifié et réduit le pouvoir des guildes médiévales et la structure du pouvoir social, les méthodes cryptologiques modifieront fondamentalement la nature des sociétés et l'interférence des gouvernements dans les transactions économiques. »
Dans ce manifeste, on comprend bien que cette révolution par l’anonymat dérangera et dérange les gouvernements et les compagnies, et c’est ce que l’on a toujours vu avec le Bitcoin. C’est d’ailleurs lors du Surfin Bitcoin que le prince Philippe de Serbie suggère d'introduire le bitcoin dans les salles de classe.
La deuxième lecture porte sur le manifeste d'un Cypherpunk datant de 1993.
L’idée générale porte sur le fait que la vie privée est nécessaire dans un monde numérique, que les gouvernements et les organisations feront leurs maximums pour ne pas donner aux populations cette vie privée et qu’il faut donc s’armer intellectuellement pour s’y préparer. En étant conscient que toute sa vie qui part dans internet.
« Pour que la protection de la vie privée soit généralisée, elle doit faire partie d'un contrat social. Les gens doivent venir et déployer ensemble ces systèmes pour le bien commun. La vie privée ne s'étend que jusqu'à la coopération des autres membres de la société. Nous, les Cypherpunks, sommes à l'écoute de vos questions et de vos préoccupations et nous espérons pouvoir vous faire participer afin de ne pas nous tromper nous-mêmes. Cependant, nous ne nous écarterons pas de notre route parce que certains ne sont pas d'accord avec nos objectifs. »
La troisième lecture porte sur la déclaration d'Indépendance du cyberespace datant de 1996.
Un manifeste avec un message simple : Les gouvernements ne gouvernent pas - et ne peuvent pas gouverner l'Internet.
"Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d'acier, je viens du cyberespace, la nouvelle maison de l'esprit", peut-on lire dans les premiers mots du document. "Au nom de l'avenir, je vous demande, à vous du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n'êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n'avez aucune souveraineté là où nous nous réunissons."
La toxicité, une valeur de l'anarchisme ?
Julien Guitton nous donne plusieurs conseils afin de renforcer sa vie privée sur internet. Tout d’abord il nous parle de « toxicité », une façon de combattre la corruption. Pour entrer dans les détails techniques, une gigantesque partie du travail consiste à désinstaller les outils des géants comme Microsoft. Par nature, les Cypherpunk écrivent du code, et travaillent avec des réseaux d’anonymisation comme TOR. Les Cypherpunk diffusent la culture de l’hygiène sur internet, c’est un peu comme l’idée de « prendre sa douche » sur internet.
D’un point de vue géographique cette fois, l’Europe est encore très peu intéressée par ces sujets, là où de nombreuses personnes aux États-Unis ont conscience du danger.
Simplement, pour conclure
« Vivons heureux, vivons cacher, et n'oublions pas d'être toxic »