Ethereum vise une maturité technique et sociale sans précédent : un protocole capable de survivre même sans ses créateurs. Dans un thread publié sur X, Vitalik Buterin, cofondateur d’Ethereum, appelle à une vision de long terme : celle d’un réseau autosuffisant, résilient, et robuste, même si les développeurs venaient à disparaître. Ce test, baptisé par Buterin le walkaway Test, pose les bases d’une nouvelle exigence pour la pérennité des blockchains. Pourquoi ce test est-il capital ? Que reste-t-il à faire pour qu’Ethereum s’en montre digne ? Décryptage.
Le Walkaway Test : l’appel à l’ossification du protocole
« Nous devons parvenir à un point où la proposition de valeur d’Ethereum ne dépend pas de fonctionnalités qui ne sont pas déjà dans le protocole », affirme Vitalik Buterin. Pour lui, Ethereum doit pouvoir fonctionner sans intervention continue, à l’image d’un marteau qui reste utilisable même après le départ du fabricant, une analogie qu’il revendique dans son post sur X. La condition clé ? Qu’Ethereum devienne cryptographiquement sûr pour les 100 prochaines années.
Ce concept de protocol ossification, ou gel des fonctionnalités de base, marque une volonté de stabilité à long terme. Selon Buterin, cela ne signifie pas l’abandon du développement, mais plutôt un recentrage sur des optimisations de clients et des ajustements paramétriques, plutôt que sur des évolutions structurelles du protocole.
Les 7 défis majeurs pour y parvenir selon Buterin
Pour atteindre cet objectif, Buterin identifie sept axes techniques majeurs à cocher progressivement. Il évoque notamment la mise en place d’une résistance aux attaques quantiques, l’implémentation d’architectures ZK-EVM et PeerDAS pour la scalabilité, ou encore un modèle de comptes universel pour la validation des signatures. À cela s’ajoutent une grille de gas sans vulnérabilités connues et un système de construction de blocs qui résiste aux pressions de centralisation ou de censure.
Ce n’est pas la première fois que Buterin insiste sur ces priorités : il rappelait déjà récemment que les avancées ZK-EVM et PeerDAS pourraient renforcer à la fois la décentralisation, la capacité de consensus et la bande passante du réseau. Il évoque également le besoin urgent de stablecoins décentralisés plus robustes, moins dépendants du dollar, afin d’offrir une réelle alternative au système financier traditionnel.
À terme, Ethereum ne devrait plus dépendre de révolutions techniques, mais simplement de réglages fins. Si le test de résilience imaginé par Buterin devenait réalité, cela constituerait une rupture historique : pour la première fois, une blockchain de première importance fonctionnerait sans nécessiter l’attention constante de ses architectes.

