Alors que Donald Trump s’apprête à prendre les rênes des États-Unis en janvier 2025, une déclaration inattendue de Changpeng Zhao, l’ancien PDG de Binance, vient bousculer le paysage crypto. Accusé et condamné pour des infractions liées à l’anti-blanchiment, CZ a exprimé sur X (anciennement Twitter) qu’il ne serait pas opposé à un pardon présidentiel. Cette situation soulève de nombreuses questions sur les répercussions pour Binance, le secteur crypto et les engagements de Trump envers la communauté blockchain.

Changpeng Zhao et son appel au pardon présidentiel

Après avoir plaidé coupable en novembre 2023 pour ne pas avoir respecté les exigences de lutte contre le blanchiment d'argent (AML) chez Binance, Changpeng Zhao a été condamné à quatre mois de prison. Bien qu'il ait purgé sa peine et soit sorti en septembre, cette condamnation continue de peser lourd sur son avenir professionnel dans la crypto. Sur X, Zhao a affirmé qu’il « ne serait pas opposé à un pardon » de Trump. Cependant, comme le rappelle le ministère américain de la Justice, un pardon présidentiel ne supprime pas une condamnation.

En effet, celui-ci ne fait qu’atténuer ses conséquences légales, facilitant par exemple l’obtention de licences ou d’emplois. En réponse, les observateurs s’interrogent sur l’impact de cette déclaration, dans un contexte où l’ancien PDG de Binance est déjà interdit à vie de diriger ou gérer l’entreprise crypto qu’il a fondée. Cette interdiction, établie dans le cadre d’un accord avec les procureurs, limite grandement les perspectives de retour de CZ dans des fonctions dirigeantes.

Les enjeux politiques et juridiques autour de cette demande

Si la déclaration de CZ a fait couler beaucoup d’encre, elle s’inscrit dans un paysage politique déjà complexe. Donald Trump, lui-même condamné pour des infractions financières en mai 2023, n’a jamais évoqué directement Changpeng Zhao dans ses discours de campagne. Cependant, il a promis de réduire la peine de Ross Ulbricht, créateur de Silk Road, dès son premier jour en fonction, mettant ainsi en lumière ses intentions de soutenir certains acteurs controversés de l’écosystème crypto.

Cette situation alimente les spéculations : Trump pourrait-il être influencé par des intérêts crypto lors de son mandat ? En outre, un éventuel pardon présidentiel pour CZ pourrait être perçu comme un geste symbolique de soutien à une industrie en pleine mutation. Cependant, ce pardon, bien que politiquement significatif, n’effacerait pas le passif juridique de Zhao, laissant planer des incertitudes sur ses ambitions futures dans la crypto.

Alors que le monde crypto se divise sur la question, cette affaire met en lumière les intersections complexes entre régulation, politique et innovation. Si Trump venait à accorder ce pardon, cela pourrait redéfinir ses relations avec la communauté crypto et influencer les débats réglementaires à venir. Dans un secteur déjà marqué par des scandales, ce geste serait scruté de près, tant par ses détracteurs que ses partisans.