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Nate Kostar
Écrit par Nate Kostar,Rédacteur
Ana Paula Pereira
Révisé par Ana Paula Pereira,Éditeur

Quantique vs Bitcoin : Une menace que même Coinbase prend au sérieux

Un comité indépendant composé de chercheurs et d’experts de l’industrie prévoit de publier des rapports sur les risques liés à la sécurité numérique et des recommandations à destination des développeurs, entreprises et utilisateurs.

Quantique vs Bitcoin : Une menace que même Coinbase prend au sérieux
News

Coinbase a mis en place un comité consultatif indépendant chargé d’évaluer les effets potentiels des avancées en informatique quantique sur les protocoles de chiffrement utilisés par les principales blockchains, dont Bitcoin et Ethereum.

Dans un billet de blog publié mercredi, Coinbase a présenté ce groupe composé de spécialistes de l’informatique quantique, de la cryptographie, des systèmes distribués et de la sécurité blockchain. Le comité réunit des chercheurs issus de grandes universités, de l’écosystème Ethereum et de Coinbase.

Ce comité a pour mission de publier des rapports publics sur l’état de l’informatique quantique et ses conséquences pour les systèmes blockchain. Il proposera également des recommandations concrètes à destination des développeurs, des organisations et des utilisateurs. Il réagira aussi aux avancées technologiques majeures avec des analyses indépendantes.

Coinbase, Adam Back, Quantum Computing
Comité consultatif indépendant sur l’informatique quantique. Source : Coinbase

Coinbase précise que ce comité agira en toute autonomie par rapport à la direction de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’un organe de contrôle interne mais d’une instance de recherche tournée vers l’ensemble du secteur. Le premier rapport est attendu pour début 2027, avec une évaluation de base des risques liés à l’informatique quantique.

Ce programme s’inscrit en parallèle des efforts internes menés par Coinbase pour moderniser la gestion des adresses bitcoin et des clés, tout en poursuivant ses recherches sur les standards cryptographiques post-quantiques.

Le débat toujours vif dans la crypto autour de l’informatique quantique

Pour rappel, l’informatique quantique repose sur des bits quantiques, ou qubits, qui traitent l’information selon des principes radicalement différents des ordinateurs classiques. À terme, cette technologie pourrait remettre en cause certains mécanismes cryptographiques servant à assurer la sécurité des systèmes numériques.

À mesure que cette technologie progresse, le débat fait rage dans le monde crypto sur l’ampleur du risque et la vitesse à laquelle les ordinateurs quantiques atteindront le seuil critique.

Vendredi, Christopher Wood, stratégiste chez Jefferies, a retiré bitcoin de son portefeuille dans un contexte de Greed and Fear, en invoquant le risque que l’informatique quantique finisse par affaiblir la sécurité à long terme de la cryptomonnaie.

Dans sa newsletter, Wood estime que ces risques pourraient compromettre le rôle de bitcoin comme réserve de valeur pour les investisseurs institutionnels. Il met en garde contre des avancées plus rapides que prévu vers des machines capables d’extraire des clés privées à partir de clés publiques.

D’autres figures de l’industrie ne partagent pas ce calendrier. Le 18 décembre, Adam Back, cryptographe et cofondateur de Blockstream, déclarait sur X qu’il est raisonnable de préparer bitcoin au quantique, mais que cette menace n’est pas imminente.

Selon lui, la technologie est encore balbutiante. Il estime qu’il n’y a pas de risque significatif au cours des dix prochaines années. Même en cas de faille partielle, cela ne permettrait pas de voler des bitcoins, car le chiffrement ne constitue pas le seul rempart sécuritaire du réseau.

Une analyse similaire a été formulée par Mark Thompson, cofondateur et directeur technologique de PsiQuantum, dans une interview accordée au Financial Times en novembre.

John Thornhill, left, speaking with Mark Thompson at Slush 2025 in Finland. Source: PsiQuantum

D’après lui, les ordinateurs quantiques capables de casser les systèmes de chiffrement actuels verront le jour, mais l’équipement requis reste bien au-delà des capacités techniques actuelles. 

Ces machines devraient contenir plusieurs dizaines de millions de qubits. Selon Thompson, leurs premières applications concerneront la recherche scientifique ou l’industrie, bien avant de constituer une menace directe pour l’univers crypto.

Il estime que cette progression graduelle laissera le temps aux gouvernements, aux entreprises et aux blockchains de s’adapter et de migrer vers des standards post-quantiques. Il précise :

« Le jour où l’on verra les ordinateurs quantiques résoudre des problèmes réellement cruciaux, alors on pourra se dire que le Q-day est peut-être dans cinq ou dix ans. Et c’est à ce moment-là qu’il faudra s’inquiéter. »
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