La bataille fait rage entre les défenseurs du bitcoin, la reine des cryptomonnaies, et ceux des monnaies fiduciaires. Chacune est critiquée pour ses impacts éthiques, environnementaux et sociaux. Entre transparence du bitcoin et pouvoir illimité des banques centrales, le débat est vif. Voici un panorama des arguments et des perspectives sur cette querelle financière et éthique.

Bitcoin et monnaie fiduciaire : une guerre sans fin

Le bitcoin (BTC) et la monnaie fiduciaire sont souvent placés sous le microscope de l’éthique. D’un côté, les fervents défenseurs de la crypto-phare, prônant transparence et sécurité, et de l’autre, les partisans de la monnaie traditionnelle, craignant l’anarchie financière.

Le bitcoin est accusé d’être un gouffre énergétique et un terrain de jeu pour les criminels. En revanche, ses partisans soulignent que les monnaies fiduciaires, non adossées à des valeurs physiques, permettent aux banques centrales d’imprimer à volonté, menant parfois à des désastres économiques.

Charles Adams de Nickel Digital Asset Management plaide en faveur du bitcoin, arguant que sa technologie blockchain offre une transparence et une immuabilité impossibles à atteindre pour les monnaies fiduciaires.

« La technologie blockchain de Bitcoin fournit un grand livre public et décentralisé où toutes les transactions sont enregistrées et vérifiables par n’importe qui. En outre, il est difficile d’ignorer que la monnaie fiduciaire est aussi fréquemment utilisée pour le blanchiment d’argent et d’autres crimes. En fait, l’argent liquide reste la monnaie de choix pour la plupart des activités illicites », déclare-t-il.

L’éthique du Bitcoin : transparence et inclusion

L’un des principaux arguments en faveur du bitcoin est sa transparence. Chaque transaction est enregistrée dans un registre public décentralisé, accessible à tous. Cela rend le bitcoin plus éthique selon certains, car il limite les possibilités de fraude et de manipulation.

De plus, contrairement à la monnaie fiduciaire souvent utilisée pour des activités illicites, le bitcoin, bien que pseudonyme, laisse des traces exploitables par les forces de l’ordre.

En mai, un investisseur a perdu 71 millions de dollars de Wrapped Bitcoin suite à une escroquerie, mais les mouvements des fonds ont été rapidement tracés et l’argent restitué.

Cette transparence, alliée à la décentralisation, est présentée comme un atout majeur pour la reine des cryptomonnaies.

Les coûts environnementaux du bitcoin : un obstacle majeur

L’impact environnemental du bitcoin est une pierre d’achoppement. Le minage de bitcoins consomme énormément d’énergie, souvent issue de sources non renouvelables. Les détracteurs de la crypto-phare dénoncent ce gaspillage énergétique.

Toutefois, de nombreux mineurs se tournent vers les énergies renouvelables pour réduire leur empreinte carbone et améliorer leur rentabilité.

Les données montrent que l’utilisation d’énergie durable dans le minage de bitcoin a atteint un niveau record de 54,5 % début 2024, avance Bitcoin ESG Forecast dans un récent rapport.

« Pour les sceptiques, toute énergie consommée par le minage de Bitcoin est considérée comme du gaspillage, mais le même argument pourrait s’appliquer à d’autres secteurs comme les médias sociaux, qui consomment également de grandes quantités d’énergie », souligne Matteo Greco, analyste chez Finaqia.

Cet engagement croissant envers les énergies renouvelables démontre que le bitcoin peut évoluer vers une pratique plus éthique, bien que les critiques persistent.

Monnaie fiduciaire : des dérives incontestables

Les critiques à l’égard de la monnaie fiduciaire sont tout aussi virulentes. Les banques centrales, en imprimant sans limite, peuvent provoquer des crises économiques sévères. L’exemple du Zimbabwe dans les années 2000, où une hyperinflation a réduit la valeur de la monnaie de 99,9 %, est souvent cité.

De plus, la centralisation des monnaies fiduciaires rend ces systèmes vulnérables à la corruption et à l’abus de pouvoir.

Caroline Bowler, PDG de BTC Markets, souligne que les monnaies fiduciaires sont manipulées par ceux qui les contrôlent, entraînant des injustices économiques.

« La nature centralisée des systèmes monétaires permet également la corruption et l’utilisation abusive des fonds à grande échelle », a-t-elle précisé.

Pourtant, malgré ces défauts, elles offrent des leviers de politique monétaire précieux, selon Adams, qui peuvent stabiliser des économies quand ils sont utilisés judicieusement.

Bitcoin et monnaie fiduciaire : vers une coexistence éthique

Plutôt que d’éliminer l’une au profit de l’autre, une approche équilibrée pourrait être plus bénéfique. Adams et d’autres experts suggèrent que le bitcoin et les monnaies fiduciaires peuvent coexister et se compléter.

Le bitcoin, avec sa transparence et sa décentralisation, pourrait pallier les dérives des monnaies fiduciaires, tandis que ces dernières, avec leurs leviers de politique monétaire, pourraient apporter la stabilité nécessaire en période de crise.

L’important est de promouvoir des comportements éthiques dans l’utilisation de ces monnaies, qu’il s’agisse de bitcoins ou de monnaies fiduciaires.

En fin de compte, la question de l’éthique financière ne réside pas uniquement dans le choix de la monnaie, mais dans l’usage que l’on en fait. Le bitcoin et les monnaies fiduciaires ont chacun leurs forces et faiblesses. En nous efforçant de les utiliser de manière responsable et transparente, nous pouvons espérer construire un système financier plus équitable et durable pour tous.